Les facteurs-clé de succès des projets technologiques

Il est des projets d’intégration et de développement qui sont technologiques par nature plutôt que fonctionnels. Leur objectif est de parvenir à une solution (voire un produit logiciel) qui propose des fonctions basées sur une technologie et orientées vers cette technologie et ses utilisateurs plutôt que vers un usage fonctionnel plus large.

Des exemples ? Un site de vente en ligne est une solution issue d’un projet d’intégration fonctionnelle car la stack de technologies n’est employée que dans le but de permettre la vente en ligne et non pas pour amener de nouveaux usages technologiques. Au contraire, une application de webmail est, à l’origine, un projet d’intégration technologique puisque la fonction exposée est un usage technologique par nature. La distinction entre les deux types de projet est assez ténue mais un bon moyen de les différencier est de se dire la chose suivante : si ça peut être fait sans système informatique, alors, c’est de l’intégration fonctionnelle. L’exemple de la vente en ligne que j’ai évoqué plus haut est, à ce titre, parlant : il est possible de vendre ailleurs qu’en ligne et surtout sans utiliser de système d’information (que ceux qui en doutent sortent de chez eux de temps en temps ou ouvrent un livre d’histoire). En revanche, lorsque vous voulez exposer une API pour du stockage de données en ligne, il s’agit de technologie, purement et simplement car il n’existe aucun précédent de ce type d’usage qui ne requiert pas de système d’information.

Maintenant que l’on a à peu près défini ce que l’on entend par projet d’intégration technologique, on peut les examiner en détail et, pourquoi pas, les classifier. J’ai imaginé que ce type de projet informatique puisse appartenir à l’une des trois classes suivantes :

1. les projets d’intégration de service
2. les projets de conception de service
3. les projets d’extension technologique

Imaginons une technologie X. Cette technologie est un substrat, un support sur lequel on développe des usages que l’on intermédie par des services. Par exemple, l’Internet est une technologie, le courrier électronique en est un usage auquel SMTP et POP3, des services (sous forme de protocole), permettent l’accès.

La première catégorie de projets, l’intégration de services est aussi la plus dense en projets car il s’agit d’intégrer fonctionnellement un service (donc un système en soi) dans un autre système. Il peut s’agir, par exemple, de proposer un paiement par bitcoin sur un site de e-commerce ou de mettre en place un SSO (Single Sign-On) dans le SI d’une entreprise.

La deuxième catégorie se place un niveau au-dessus. Il s’agit ici de concevoir les services basés sur une technologie qui pourront, à leur tour, être utilisés dans les projet de la catégorie précédente. Par exemple, il peut s’agir de développer, pour une entreprise de fintech, un système de compensation euro/bitcoin et de proposer une API SaaS aux e-commerçants.

Enfin, la troisième catégorie de projets est celle à laquelle appartiennent tous les projets d’extension de technologie dont l’objectif est d’en améliorer certains aspects (sécurité, performance, etc.). Par exemple, Ethereum est une amélioration de la technologie blockchain en ce sens que la blockchain ainsi altérée permet de stocker des programmes exécutables qui prendront la forme de smart contracts et serviront de base technologique pour le développement de services par les projets de la deuxième catégorie. Chaque catégorie est ainsi dépendante de la précédente et l’ensemble peut être représenté sous la forme d’une pyramide.

Les facteurs clé de succès de ce type de projets sont toujours les mêmes et valent pour les trois catégories : il s’agit de connaître parfaitement l’espace des problèmes posés par la ou les technologies sous-jacentes et leurs usages. Et pour arriver à cela, il n’y a que deux moyens : se faire accompagner (connaissance externe) ou développer des prototypes (connaissance interne), les deux approches n’étant pas mutuellement exclusives.

Choisir l’une ou l’autre des approches (ou une approche hybride) dépend de la criticité stratégique du projet. On ne le rappellera jamais assez, pour tout ce qui touche au cœur stratégique et métier d’une organisation, il ne faut jamais l’outsourcer ! Mais il n’est pas interdit de se faire accompagner par des ingénieurs pointus et des consultants expérimentés afin de bootstrapper le premier projet de prototypage. Si, à l’inverse, le projet n’est pas de nature stratégique ou concerne un élément périphérique de la sphère métier, l’outsourcing est une bonne solution.

 

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Sebastien LOUCHART

Sebastien LOUCHART

Ingénieur et consultant scientifique – expert en Data Management

Passionné par la recherche en intelligence artificielle et par les mathématiques appliquées, Sébastien, Ingénieur des Mines, a débuté sa carrière chez Pentalog comme concepteur de bases de données. Après presque 10 ans de conseil en systèmes d’information, il a rejoint Pentalog Institute pour apporter sa vision de la recherche, sa rigueur et sa caution scientifique aux projets innovants. Il intervient chez les clients de Pentalog en tant qu’ingénieur-conseil, spécialiste de la R&D privée, notamment dans le cadre d’audits sur des projets innovants dans le domaine numérique.

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